We Make Children’s Furniture. So Why Are We Talking About Food?

Nous fabriquons des meubles pour enfants. Alors pourquoi parlons-nous de nourriture?

Nous fabriquons des tours d’apprentissage. Des marchepieds. Des meubles qui permettent aux jeunes enfants d’atteindre des plans de travail à hauteur d’adulte, d’être à côté de leurs parents pendant la préparation du dîner, et de se laver les mains sans demander d’aide.
Pendant des années, nous avons parlé d’indépendance. De l’idée montessorienne selon laquelle les enfants apprennent en faisant — et qu’un environnement adapté leur permet d’en faire davantage.
Mais depuis quelque temps, autre chose nous préoccupe. Et nous pensons que cela mérite d’être dit à voix haute, même si cela ne correspond pas à ce que l’on attend d’une marque de meubles.
Ette Tete a commencé avec nos propres enfants. Lorsque nous sommes devenus parents, nous nous sommes plongés dans le monde du mobilier pour enfants — en concevant des produits qui s’adaptent à la réalité du quotidien familial : des meubles qui grandissent avec l’enfant, des jouets d’activité qui favorisent la liberté de mouvement, et des marchepieds qui permettent aux petites mains d’atteindre véritablement le plan de travail. Des objets qui facilitent le quotidien des enfants comme celui des parents.

Mais les enfants grandissent, et notre regard aussi.
Nous avons commencé à observer ce qui se passait autour de nous — dans les rayons des supermarchés, dans les statistiques européennes sur l’obésité infantile, dans l’écart entre ce qui est commercialisé comme sain et ce qui l’est réellement. Plus nous regardions, plus nous nous heurtions à la même question : quelle part de ce que nous croyons sur la nutrition est réelle, et quelle part nous a été imposée par l’industrie agroalimentaire ?
C’est ce qui nous a poussés à en parler. En commençant par ce que nous avons appris nous-mêmes — souvent à nos dépens.

Ce que nous ne savions pas — et aurions dû savoir

La farine est traitée par l’organisme comme du sucre

Pendant des années, nous avons considéré le pain blanc, les pâtes et les crackers comme des aliments neutres. Pas des « aliments sucrés ». Juste des bases du quotidien.
Nous avions tort.
Lorsque la farine est raffinée, le son et le germe sont retirés, ne laissant qu’un amidon presque pur. L’organisme le décompose rapidement en glucose — souvent plus vite que le sucre de table. Le pain blanc a un indice glycémique d’environ 75. Le sucre de table — le saccharose — se situe autour de 65. [Atkinson et al., International Tables of Glycemic Index and Glycemic Load Values, American Journal of Clinical Nutrition, 2008.]
Le pain blanc fait monter la glycémie plus vite qu’une tablette de chocolat. La galette de riz, vendue aux tout-petits comme collation légère, appartient à la même catégorie. Nos corps — et ceux de nos enfants — ne lisent pas les étiquettes. Le foie ne voit que du glucose.

Jus d’orange vs. cola

Voici une comparaison que nous aurions aimé voir plus tôt.
Une orange de taille moyenne contient environ 9 grammes de sucre et 2,4 grammes de fibres [USDA FoodData Central]. Pour faire un verre de jus (environ 250 ml), il faut trois à quatre oranges. Cela représente 27 à 36 grammes de sucre par verre. Une portion de 250 ml de cola contient environ 26 grammes de sucre.
Les chiffres sont presque identiques.
La différence tient à ce qui se passe dans la centrifugeuse : les fibres — la partie qui ralentit l’absorption du sucre et régule la vitesse à laquelle il entre dans le sang — se retrouvent dans la pulpe que nous jetons. Ce qui reste, c’est du fructose et du glucose sous forme liquide, absorbés rapidement, sans le tampon nutritionnel que fournit le fruit entier.
Une étude publiée dans le BMJ a montré que si la consommation de fruits entiers était associée à un risque réduit de diabète de type 2, la consommation de jus de fruits était, elle, associée à un risque accru. [Muraki et al., BMJ, 2013.] Les fibres font toute la différence.
Cela ne fait pas du jus d’orange un ennemi. Cela signifie que « naturel » et « sain » ne sont pas synonymes — et que la manière dont les aliments sont commercialisés auprès des parents ne fait pas toujours cette distinction.

Le problème du marketing

Promenez-vous dans le rayon des snacks pour enfants d’un supermarché quelconque. Des soufflés de maïs enrichis en vitamines. Des céréales étiquetées « sans sucres ajoutés » qui contiennent plus de 20 grammes de glucides raffinés par portion. Des gourdes de fruits sans fibres.
Ces produits ne sont pas formulés pour la santé des enfants. Ils sont conçus pour la commodité, pour attirer visuellement les enfants et pour rassurer les parents grâce à des allégations stratégiquement placées. L’industrie agroalimentaire ne changera pas cela — la confusion est rentable.

Pourquoi cela rejoint ce que nous fabriquons

Nos produits amènent les enfants dans la cuisine. C’est leur vocation — une tour d’apprentissage à la hauteur du plan de travail signifie qu’un enfant de deux ans peut se tenir à côté de vous pendant que vous cuisinez, atteindre l’évier et être présent avec la nourriture avant qu’elle n’arrive sur la table.
Mais l’accès physique n’est qu’une partie du sujet.
Quand un enfant peut atteindre la corbeille de fruits, il peut commencer à apprendre ce qu’elle contient. Quand il aide à laver les légumes, il développe une relation différente avec la nourriture. L’autonomie que nos produits créent — la capacité de se servir un verre d’eau tout seul, de participer à la préparation des repas dans le cadre de la routine quotidienne — est une fenêtre sur un type d’éducation que le rayon des snacks ne peut pas offrir.
Nous pouvons concevoir l’environnement. Nous pouvons rendre la vraie nourriture accessible. L’industrie agroalimentaire sait très bien atteindre les enfants — mais une cuisine bien conçue aussi.

Nous sommes d’abord des parents. Pas des experts.

Nous sommes parents depuis douze ans. Nous avons fait des erreurs — opté pour la solution de facilité, fait confiance à l’emballage, acheté les céréales aux personnages de dessins animés. Nous apprenons encore.
Nous ne sommes pas une autorité en matière de nutrition et ne prétendons pas l’être. Mais nous pensons que ces conversations en valent la peine — et nous préférons les avoir avec des personnes qui savent vraiment de quoi elles parlent plutôt que de nous taire et de rester dans notre domaine.

Les personnes qui savent

C’est pourquoi nous avons commencé à collaborer avec des nutritionnistes et des spécialistes de l’alimentation pour nous aider à approfondir ces questions.
Notre première collaboration est avec Emelie Vessey, nutritionniste agréée spécialisée en psychologie de l’alimentation et dans l’accompagnement des familles pour élever des enfants ayant une relation saine avec la nourriture. Elle est titulaire d’un master en nutrition et comportement et d’une licence en psychologie, et travaille dans ce domaine depuis plus de dix ans — dont des années consacrées aux troubles du comportement alimentaire et à leur prévention. Elle est également mère de deux jeunes enfants, ce qui fait que son travail conjugue la nutrition fondée sur les preuves et la réalité quotidienne de l’alimentation familiale.
Nous avons travaillé avec Emelie sur un reel consacré à l’implication des enfants dans la cuisine — non pas comme une démonstration, mais comme une habitude qui développe des compétences et une conscience alimentaire dès le plus jeune âge.

Vous pouvez la suivre ici : - Instagram : @emelie.vessey - TikTok : @emelie.vessey
C’est le début de quelque chose que nous comptons développer — plus de conversations, plus d’experts, plus de contenus honnêtes sur l’éducation des enfants à une relation saine avec la nourriture. Non pas parce que nous avons les réponses. Parce que nous pensons que les questions méritent d’être posées.

References

  1. Atkinson FS, Foster-Powell K, Brand-Miller JC. International tables of glycemic index and glycemic load values: 2008. Diabetes Care, 31(12), 2281–2283. https://diabetesjournals.org/care/article/31/12/2281/28367
  2. U.S. Department of Agriculture. FoodData Central — Orange, raw. https://fdc.nal.usda.gov/food-details/169097/nutrients
  3. Muraki I et al. Fruit consumption and risk of type 2 diabetes: results from three prospective longitudinal cohort studies. BMJ, 347, f5001 (2013). https://www.bmj.com/content/347/bmj.f5001
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